PRIEURÉ
Après un concert qui nous avait laissés sur notre faim à l’Ar’Vran Fest en juillet, nous avons été très agréablement surpris par la performance du groupe de Sans-Visage pour ouvrir ce Muscadeath 2026. Un son puissant et de l’énergie : le one-man-band originel semble avoir trouvé son équilibre en concert, pour délivrer un black mélodique inspiré du Moyen-Age, comme en témoigne le dernier album en date (« Jusqu’au bénitier », 2025).
L’épisode relaté dans cet album est pourtant loin des références médiévales habituelles : il s’inspire en effet du voyage de Saint Brandan, abbé irlandais parti avec plusieurs de ses moines dans un long voyage initiatique au VIème siècle, qui l’aurait mené jusqu’à Terre-Neuve.
Lors des concerts en 2025, c’est Beobachten (qui officie également chez Arkaist et Formoreich) qui assurait la partie guitare.
LES BÂTARDS DU ROI
Après un magnifique concert nantais lors d’une Black Metal Night de LADLO (les acteurs de l’ombre) à l’automne dernier, les musiciens masqués sortis tout droit d’une enluminure façon Riches Heures du Duc de Berry revisitées nous ont gratifiés d’un magnifique show, avec décors en vitraux ! Après un passage ébouriffant sur la Purple Stage du Hellfest, le combo orléanais confirme brillamment sa montée en puissance.
Clou du spectacle : l’arrivée de la chanteuse de Galibot (autre étoile montante de LADLO, avec qui les Bâtards avaient partagé l’affiche durant leur tournée hivernale) sur scène pour interpréter l’un des titres-phares !
Les thématiques médiévales sont toujours au coeur des titres mis en avant : chevauchée de Jeanne d’Arc, errances de chevaliers sur les champs de bataille et autres pestilences, ce Moyen Age sent le soufre, le bûcher, le sang et l’agonie. Musicalement, on est sur un black mélodique bien rythmé, quelques passages en voix claire donnent un peu de légèreté à ces chansons dramatiques, l’ensemble se laisse particulièrement bien écouter et regarder en concert!
Le groupe sort son nouvel Ep 3 titres « Ici Meurt ma Joie » le 16 octobre 2026, chez LADLO, preuve s’il en est de la créativité et de l’ambition de cette jeune formation à suivre impérativement !
plus d’informations ici : https://www.objectiflive.fr/actualites/les-batards-du-roi-ici-meurt-ma-joie-un-nouvel-ep-de-black-metal-melodique-sombre/
GALIBOT
Alors que GALIBOT vient de publier son troisième disque, Catabase, en mai 2026 chez Les Acteurs de l’Ombre Productions, il s’agissait pour nous de découvrir enfin les Nordistes de Wallers-Arenberg sur la scène du Muscadeath. Et nous n’avons vraiment pas été déçus.
Prévus en deuxième position ce vendredi 19 septembre (19h35-20h15), juste après Prieuré, les gars ont dû composer avec une brève panne totale de leur light show 30 secondes avant l’entrée. Rien n’y a paru. Visuellement, c’était top : mise en scène théâtrale, corpse paints, et ce moment marquant en début de set où Diffamie la belle chanteuse agite un grand drapeau au-dessus des premiers rangs, l’une des images fortes du week-end.
Musicalement, le groupe a exécuté son Black Metal mélodique chanté en français avec une aisance et une énergie folles. Set logiquement centré sur Catabase (https://www.objectiflive.fr/actualites/galibot-catabase-la-mine-comme-epopee-black-metal-8-mai-2026/) avec « Catabase », « Jeanlin » ou encore « Bleu Noir Rouge », exécutés avec un son puissant comme rarement, sans perdre le côté raw des compos.
Bref, un set solide qui dégageait une puissance rare pour une formation encore jeune. Au même titre que HOULE ou LES BÂTARDS DU ROI – avec qui Diffamie est d’ailleurs remonté en guest juste après – GALIBOT est à n’en pas douter une des étoiles montantes du paysage black metal français actuel. Une des très belles surprises du week-end, tant musicalement que visuellement.
GORGON
Le lointain mais néanmoins très bon souvenir de Gorgon sur les terres valletaises un soir d’automne 2018 (après avoir attendu en vain Finsterforst, bloqué à Paris) avait accru ma hâte de les revoir sur une scène à leur mesure. Aucune déception ici, vu l’intensité du concert auquel on a eu droit !
Si les origines du groupe remontent aux années 90, il a fallu attendre de nombreuses années pour retrouver Gorgon à la fin des années 2010. Après quelques changements de line-up depuis la renaissance du groupe, les choses semblent un peu plus stabilisées autour de Christophe Chatelet.
Le son est puissant, les morceaux s’enchainent sans pause, maintenant une tension permanente proche de la transe, pour les musiciens comme pour le public, dans une communion black metallique assez old school mais redoutablement efficace !
MERRIMACK
Alors que le groupe affiche fièrement trois décennies au compteur, j’ai honte de dire que je ne l’avais encore jamais vu sur scène ! Et pour une première, je dois dire que j’ai été happée par le concert !
L’atmosphère est particulièrement pesante, j’ai trouvé le mot « malsaine » sous la plume de chroniqueurs de concerts passés, ce qui n’est sans doute pas si éloigné de la réalité. C’est un choc sonore et esthétique, il est difficile de s’en détacher.
Le principal responsable est sans nul doute Vestal, l’hypnotique frontman, dont les hurlements prennent littéralement aux tripes et dont la gestuelle assez ritualisante tend à transformer le concert en cérémonie quelque peu angoissante, surtout quand il se dépouille de sa veste pour arborer un torse couturé de cicatrices.
L’ensemble du groupe suit comme un seul homme et Merrimack a gagné une nouvelle fan !
1349
Après une interview particulièrement agréable avec Seidemann, le bassiste-linguiste (il parle 8 langues !) cofondateur du groupe, le quatuor norvégien (hélas sans l’emblématique Frost, en tournée en Grèce avec Satyricon) explose les compteurs et les oreilles sans état d’âme, le chanteur Ravn se démenant comme un possédé, histoire de montrer qui mène la danse dans le petit milieu du black old-school.
Rien à redire, le set est parfait, tout le monde attend les classiques (I am Abomination, pour ne citer que ce brûlot indémodable) mais j’apprécie également les titres du dernier album (The Wolf and the King, 2024), parfois décriés mais que j’ai bien aimés.
1349 reste le garant d’un black metal sans concession ni facilité, un peu râpeux aux entournures, mais toujours intègre !
On ressort de ce premier jour de Muscadeath 100% black metal essoré mais ravi !
Article coécrit par Héloïose Ménard et Frédéric Bourbigot.