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Avec « In Death Throes » au superbe artwork signé Giannis Nakos (déjà à l’oeuvre pour KAMELOT, AMARANTHE, SUFFOCATION ou encore CRYPTOPSY), les Suédois remettent le couvert après « All Heads Are Gonna Roll » (2023) qui, rappelons-le, mettait fin à douze ans de disette chez VOMITORY. A défaut de rattraper le ‘retard’, le groupe a clairement choisi de battre le fer tant qu’il est chaud, histoire de garder la dynamique et le rythme.

Et pour garder le rythme, VOMITORY ne se prive clairement pas. On peut l’affirmer sans trembler : il n’y a guère d’erreur sur la marchandise. « In Death Throes » reste dans l’esprit de « All Heads Are Gonna Roll », mais me semble encore plus maîtrisé. Là où l’album précédent signait surtout le retour des Suédois et prouvait qu’ils savaient toujours faire mal – comme le soulignait mon ami Mefisto, ce comeback défonçait, décoiffait et te démantibulait le maxillaire inférieur – « In Death Throes » va plus loin : il démontre que VOMITORY veut faire encore plus mal et passer clairement la vitesse supérieure.

Le challenge est réussi. Les titres s’enchaînent avec une extrême rapidité et, dès les premières secondes de « Rapture In Rupture », on comprend qu’on part pied au plancher : rythmique supersonique, blasts à l’appui, riffs Death explosifs, soli frénétiques (un peu en retrait dans le mix, mais à bon escient) et le growl profond d’Erik Rundqvist. Ça tabasse fort, ça déboîte sec. Après cette première avoinée, « For Gore and Country » ralentit un peu le tempo, gagne fortement en groove (quelles rythmiques !), se pare de riffs thrashy et d’un léger parfum Punk. Ce côté Punk, on le retrouve aussi sur d’autres compositions comme sur « Forever Scorned » qui dévale à toute allure, malgré quelques ralentissements bien sentis, et sur lequel Erik montre toute la puissance et la profondeur de son growl. Là encore, on notera des soli bien troussés, en parfaite adéquation avec la physionomie du morceau.

Par rapport à son prédécesseur, j’ai l’impression que les Suédois ont pris ici le temps d’aérer leurs titres, de les faire respirer, avec au final pas mal de variations, que ce soit au niveau des riffs, des rythmiques ou même des ambiances. La lourdeur des rythmiques présentes sur « For Gore and Country », « Oblivion Protocol » et sur « Forever Scorned » en est un bon exemple. On soulignera aussi l’intro de « Erased in Red », portée par la basse, rapidement rejointe par des riffs Thrash tranchants situés quelque part entre EXODUS et ANNIHILATOR, avant que VOMITORY n’enclenche la vitesse supérieure à coups de rythmiques dignes du Death suédois le plus belliqueux.

Côté structures, le groupe alterne intelligemment les moments de charge et les respirations. Le morceau-titre « In Death Throes » en est la parfaite illustration : blindé de coups de boutoir (blast mode mitraillette inside), il sait aussi proposer des passages plus lents comme sur son intro, flirtant parfois avec le Doom, ce qui enrichit considérablement le propos. Idem sur « Cataclysmic Fleshfront » avec ses passages plus lents et plus lourds. Sur le plan des ambiances, les Suédois s’en sortent tout aussi bien. Par exemple, « Wrath Unbound » joue davantage sur l’atmosphère, avec une trame sombre mélodique qui n’a rien à envier à l’esprit d’un BOLT THROWER, agrémentée de ponts et transitions mélodiques qui renforcent encore un peu plus l’impact du titre.

Au final, c’est du très bon boulot : riffs tranchants, guitares rugueuses pour ne pas dire crunchy comme sur le sombre « Cataclysmic Fleshfront », plutôt attractif avec ses soli inspirés, presque classieux. L’arrivée de Christian Fredriksson, crédité sur l’écriture de quatre compositions, n’y est sans doute pas étrangère. On sent qu’il a apporté sa patte à travers des soli tranchants et mélodiques très CARCASS dans l’esprit, qui ornementent les morceaux et leur donnent un supplément d’âme. On n’oubliera pas non plus le mix et le mastering de Lawrence Mackrory (MESHUGGAH, DECAPITATED, BLOODBATH), conjugués à une production ultra puissante. L’ensemble sonne vraiment massif (rythmiques sur « For Gore and Country »), pour ne pas dire pachydermique, à l’image du jouissif « Two and a Half Men », véritable mandale dans la tronche, traversée de saveurs quasi Punk et de passages là encore plus groovy et lancinants.

Vous l’aurez compris, VOMITORY enfonce le clou après un « All Heads Are Gonna Roll » déjà très convaincant. On a ici un Death Metal suédois old school, jamais poussiéreux, mais un brin crasseux (« Cataclysmic Fleshfront »), suffisant en tout cas pour ravir par exemple les fans d’ASPHYX, tout en restant lisible et efficace. Sur un peu plus de trente-sept minutes, il n’y a pratiquement pas de temps mort. Les dix titres, relativement courts (guère plus de 4 minutes – hormis 4:30 min pour le morceau titre), ne réinventent pas la roue, mais frappent juste. Brutaux, évidemment, mais pas que : je trouve ce nouveau disque étonnamment accessible – soit je m’habitue aux musiques extrêmes, soit VOMITORY a soigné ses accroches – grâce aux multiples variations rythmiques, aux ambiances travaillées et aux mélodies bien senties (écoutez attentivement les soli d' »Oblivion Protocol » : il s’en dégage comme un zeste de douceur au milieu du carnage), ce qui fait passer ces dix morceaux véhéments et dévastateurs comme une lettre à la poste.

Conclusion ? Une boucherie, où VOMITORY taille dans le vif certes mais sans sacrifier les nuances.

PS : j’ai eu la chance de voir les Suédois au Muscadeath en septembre dernier : show carré, massif, sans concession, parfaitement en phase avec ce que délivre « In Death Throes » sur album..

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