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Joe Bonamassa, the spirit of Rory, ive from cork

Une icône, un guitariste, un album. Ou comment rendre hommage à la musique du plus grand des guitaristes irlandais. L’icône, c’est Rory Gallagher. Le guitariste, qui d’autre aujourd’hui que Joe Bonamassa. L’album, c’est « The Spirit of Rory – Live From Cork ».

Rory Gallagher, ce fut un grand. Un guitariste qui en a influencé plus d’un, en commençant ne serait-ce que par Brian May ou autre The Edge, pour ne pas citer Slash. La musique de l’irlandais, elle est intemporelle, elle n’a pas pris une ride. Ce génial musicien, il savait tout faire avec sa célèbre Fender Stratocaster. Il lui faisait tout dire à sa guitare, il en sortait des sons improbables, tout en utilisant le minimum syndical d’effets.

Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter ses trois live « Live in Europe » (1972), « Irish Tour 74 » (1974), et le bouillonnant « Stage Struck » (1982). Trois live, trois époques, trois styles, trois sons.

Avec le « Live in Europe », Rory nous propose un blues encore assez roots. Il sort tout juste de sa période TASTE, et surtout en 1972 les ambiances Woodstock, et autre Isle of Wight sont encore bien présentes dans les esprits.

« Irish Tour 74 » marque un tournant. L’Irlandais ajoute à son power trio (Gerry McAvoy/basse, Rod De Ath/batterie) un pianiste en la personne de Lou Martin. Oui et donc, me direz-vous ? Eh bien, le son s’est affiné, les aspérités des débuts ont été gommées, le jeu de guitare s’est enrichi de sonorités plus délicates (« A Million Miles Away »). Sans toutefois ne jamais renier le blues qui est le sien (« Tattoo’d Lady »). « Irish Tour 74 » est, a été, et restera, le sommet musical de Rory Gallagher, et surtout l’un des meilleurs live de ces belles années 70.

Avec « Stage Struck », on entre de plain-pied dans les 80’s. Exit le piano de Lou Martin. Exit Rod De Ath et son jeu de batterie tout en finesse. Place au batteur Ted McKenna. Un Ted McKenna un poil plus cogneur, un poil plus rock, voire un poil plus hard-rock. « Stage Struck », ou la troisième facette du jeu du sieur Gallagher. L’irlandais a durci le propos, l‘époque qui veut ça probablement. Les titres « Shadow Play », « Shin Kicker » ne dépareraient pas dans une playlist hard-rock.

A qui ne connaît pas son Rory Gallagher par coeur, je vous renvoie en 1980, où l’irlandais et sa musique électrisaient les jeunes kids que nous étions. Je me souviens encore, comme si c’était hier, de son passage en 1980 dans l »émission « Chorus » du tout jeune Antoine de Caunes.

Mais alors quid de cet hommage rendu par Joe Bonamassa ? Déjà le pari, il est osé, l’exercice de l’hommage peut s’avérer périlleux, et accouche rarement de moments inoubliables (e n’ose même pas dire sublimes). Eh bien le Bonamassa, il va faire taire tout le monde, il va conjurer le sort, mais surtout il va rendre un bel hommage à la musique de Rory Gallagher.  Pour pimenter le truc, le Joe il décide, en 2025, de se rendre en Irlande dans la ville de Cork (ville ou Rory a passé son enfance), pour y jouer en live, et en présence de la famille de Rory. Il est couillu quand même le GI Joe.

Pour ce « The Spirit of Rory – Live in Cork », Joe Bonamassa propose une setlist dont l’épine dorsale tourne autour des titres du fameux live « Irish Tour 74 » (tiens, comme c’est bizarre). Viendront s’y ajouter l’excellent « Calling Card » (à l’ambiance très roman noir américain, Philip Marlowe n’est pas loin), le « Messin’ With The Kid » des débuts, et ce qui reste pour moi le titre le plus représentatif de Rory, à savoir « Bad Penny ».

La réussite de Bonamassa and Co avec cet album, c’est d’avoir su garder l’esprit des chansons de l’irlandais, tout en y laissant son empreinte guitaristique. Ici c’est simple, on écoute du Gallagher, tout en entendant du Bonamassa. Là, on touche au sublime. Les 14 titres ici joués, constituent un bel aperçu de la musique imaginée par le génial irlandais. Une belle palette de couleurs sonores. On navigue entre les fougueux « Bullfrog Blues », « Walk On Hot Coals », l’émotionnel « A Million Miles Away », pour finir par un électrisant « I Fall Apart ». Sans oublier, le « Tatto’d Lady » si cher à Rory Gallagher.

Joe Bonamassa et son band ne se sont pas loupés en Irlande, c’est classieux, c’est nostalgique, c’est tout ce que les fans et autres attendaient. Tout cela me fait dire que Rory Gallagher est parti bien trop tôt.

« The Spirit of Rory – Live in Cork », un INDISPENSABLE.