Hellfest 2017 : Dans la peau d’un festivalier

 
 

Hellfest 2017, Sous les roustons de Belzebuth !

 

Pour cette 12ème édition du HellFest, il aura fait chaud, … très chaud. Du coup cette année changement de rythme obligatoire, impossible de faire la grasse mat’ dans une tente qui s’apparente à un four en pyrolyse dès 9h00 du mat. Et donc pour la 1ère fois j’aurai fait l’ouverture et assisté aux premiers groupes du matin (impensable les autres années), avec de bonnes surprises qui donneraient presqu’envie de se lever tôt les prochaines fois (j’ai dit presque hein 😉 ).

Ça et l’entrée au site qui s’est largement améliorée cette année, fini les attentes interminables pour rentrer et les débuts de concert manqués. Alors oui les batailles de boulettes de papier durant la queue me manquent mais bravo au HellFest pour cette nette amélioration qui permet d’aller et venir du site à l’extérieur bien plus sereinement sans peur de louper le prochain concert qui démarre dans 1h.

 

A chacun son HellFest :

 

Les lecteurs de Reports du HellFest l’auront sûrement remarqué mais on y trouve autant de versions d’une édition que de chroniqueurs et donc de goûts musicaux, horaires, siestes et gueules de bois.

Ayant peu d’appétence pour les groupes des Main Stages en général et préférant de très loin l’ambiance des autres scènes vous aurez donc (pour une fois ?) principalement un Report des vraies scènes ;). Celui-ci a été rédigé presque 10 mois plus tard et de mémoire, il y aura donc des trous, peu de liste de titres et surtout des impressions.

Année très chargée même si elle ne me semblait pas la meilleure en programmation, mon Running Order piquait les yeux tellement tout était souligné, surligné, trop de clashs, trop de groupes à voir. De toute façon je n’ai jamais réussi à voir tous les groupes prévus en 7 années de HellFest, c’est pas cette année que ça va changer, et même les Running Order les plus affûtés ne résistent pas à l’ « AAPPEEEERRROOOO », alors en route pour le meilleur des festivals !

 

Jeudi soir :

Dès le premier soir le ton est donné il fait chaud (ce qui rend l’approvisionnement au Leclerc éprouvant avec l’impression de rissoler sur bitume), la « HellFest Street » apporte son lot de nouveautés sympathiques dont une scène en plein milieu (mention spécial au « CatchMetalPortnawak » assez marrant) et bien sûr une queue interminable pour notre Cashless adorée.

 

 

Vendredi :

Démarrage en douceur avec « Deathcode Society » à la Temple, du bon Black symphonique à capuche français qui permet de se préparer comme il faut pour la journée à venir.

 

Petit passage rapide pour voir « Okkultokrati » ces $ù*$ù### qui ont remplacé « Seven Sisters of Sleep » dont l’annulation m’a fait pleurer mille et une larmes. Pas du tout ma tasse de thé, beaucoup trop calme et mou, j’ai dû tenir 3 mn max dans la Valley.

 

Il est donc temps de se ressourcer à la Temple avec « True Black Dawn » qui nous jouera un Black crasseux old school au son pas toujours terrible (on va dire que l’ingé-son règle encore sa Temple) mais ça fait du bien après la soupe d’« Okkultokrati » (je sais, j’suis pas impartial mais l’annulation de SSoS ne passe pas).

 

Retour à la Valley pour du Sludge bien lourd avec « Noothgrush », pas trop de monde à ce concert mais il faut dire que c’est pas le groupe le plus facile. Un bon concert mais qui ne me laissera pas de traces mémorables.

 

Au pas de course à la Warzone pour un groupe dont j’attendais beaucoup, « Leftover Crack ». Hélas un son vraiment pourri (un mélange entre pas de volume et de la purée de Kellogs) gâchera les 2 tiers du concert et ce n’est que vers la fin  que cela ressemblera à quelque chose mais hélas trop tard pour vraiment rentrer dedans.

 

Après une pause bière obligatoire dans la fournaise de la Warzone (les places à l’ombre de la cabane de l’ingé-son sont chères) c’est l’heure de « Komintern Sect » vieux groupe de Punk-Oï qui va m’envoyer une grosse vague de nostalgie positive ! Quel plaisir que d’écouter tous les hits de KS s’enchaîner et repris en cœur par le public (seul regret l’absence de « 23 minutes en enfer » une chanson qui des décennies plus tard me trotte encore dans la tête, « en-en-en-enfer… »). L’ambiance est au rendez-vous, le public aussi, « plus fort que tout » 😉

 

1er gros clash de cette édition « Krisiun » contre « Helmet », du Death qui tabasse contre du Noise Post-Hardcore, ma préférence ira aux 2 frangins brésiliens de peur sans doute de ternir mes souvenirs des 90s.  L’avantage avec « Krisiun » c’est qu’on est jamais déçu, même avec une balance moyenne il s’en sorte toujours comme à chaque fin d’épisode de « Supernatural », sauf que là on se fait pas chier, y a du Technique, y a du Groove, y a du Brutal, y a du Death et ça déchire J

 

« Red Fang » fait partie de mes groupes maudits, ceux qu’à chaque fois je loupe pour une raison ou une autre, là c’était la sieste pour récupérer d’un réveil trop matinal  et ce sera donc pour une prochaine fois, à un de ces jours « Red Fang ».

 

De retour après un repos salvateur pour voir la fin de « Ministry » et me faire regretter de ne pas avoir eu confiance en Al. Les tubes s’enchaînent « N.W.O. », « Just One Fix », « Thieves », « So What », le son est très bon et Al a la forme malgré tous ses excès passé. A comparer avec le très insipide show de « Rob Zombie » où je me suis ennuyé grave malgré toutes les promesses émises. Al 1 – Rob 0.

MINISTRY
 

« Behemoth » sur la Mainstage en plein jour et ben c’est pas pareil, en plus quand ils nous sortent le même show que la fois d’avant et ben c’est moins bien, dommage, même si le groupe assure toujours ( le collier en pattes de poulet en moins 😉 ). Mais du coup je pars avant la fin pour voir un bout de « Cryptopsy » et me faire regretter de ne pas avoir faire ce choix sur mon 2ème clash. Ça crache de partout, c’est bien technique bref c’est bon.

BEHEMOTH

 

Et hop un p’tit « Belphegor » de loupé pour cause de pause/bière/galette saucisse pour enchaîner sur le clash le plus terrible qui soit, le Royal Clash, « Electric Wizard » contre « Obituary », deux groupes qui n’ont rien à voir mais que j’adore totalement. Finalement ma préférence ira à « Electric Wizard » et grand bien m’en a pris, les magiciens sont en pleine forme (bien meilleurs qu’en 2014), la communion est totale sous la Valley, le final sous « Funerapolis » chanté en cœur par le public avec son riff plus lourd que l’air poisseux ambiant, c’est pour des moments comme celui-là qu’on aime le HellFest 🙂

 

Un concert torride comme celui d’Electric ça donne soif et après une bière je vais voir un bout de « Rancid » à la Warzone mais j’ai du mal à accrocher et il me faut du temps pour me remettre de la claque de la journée. S’ensuivra une tentative de voir « Rob Zombie » mais vous l’aurez compris c’était plutôt une purge.  Du coup aucune hésitation à partir avant la fin pour voir le retour (et c’est un euphémisme, leur dernier passage en France date de plus de 25 ans) d’ « Autopsy » qui me fait vite oublier les zombies de pacotille. « Autopsy » arrivera à me redonner la patate avec son Death old-school, ses passages plus calmes même si un certain manque de maîtrise de la scène tempérera l’enthousiasme.

 

Depuis l’incroyable concert d’ « Alestorm » en 2015 le bouche à oreille a plus que fonctionné et c’est une Temple totalement inaccessible qui les accueille, même hors de la tente c’est noir de monde et j’abandonne là tout espoir de les voir. Fatigué par la chaleur, le lever presque militaire je fais l’impasse sur les « Damned » et c’est de la tente du camping (ma chère « Tempyrolyse » capable de dépasser les 35° dès 9h du mat) que j’entendrais une partie de leur show pour me bercer tranquillement jusqu’au Samedi, des acouphènes de bonheur pleins les oreilles.