Hellfest 2017 : Dans la peau d’un festivalier (Samedi)

Samedi : La « Fondue Clissonaise »

9h30, réveil pour une spécialité du coin, la « Fondue Clissonaise » qui fait le délice de tout le camping, sa recette Top-chef en direct :

« Récupérer dans un grand bol toutes vos boules Quiès fondues par la chaleur dans votre duvet au petit matin (grande cuillère préférable), filtrer plus ou moins le cérumen suivant l’envie d’épicé et faites trempette avec une Brioche Vendéenne, replâtrage de l’estomac garanti. »

10h30 (le temps de la digestion…) Démarrage pour aller voir « Carcariass » un des grands groupes français de Death technique dont l’album « Killing Process » reste culte. Rien à dire sur la performance musicale, ces mecs-là touchent leur billes c’est juste du bonheur contrairement au jeu de scène plutôt limité.

En route par hasard sur la Warzone pour voir « Insanity Alert » pour lesquels le pitch du booklet donnait envie. Et là grosse claque que ce groupe autrichien qui nous en met plein les oreilles avec son thrash bien mené mais aussi plein la vue tant son frontman est déchaîné, tout y passe, mains de crabe, camisole de force et panneaux affichant les refrains pour mieux les reprendre en chœur avec lui. Pour finir sur « Run to the pit / Mosh for your life » reprise de « Run to the Hills », qui aura fait monter la poussière à 2 mètres dans la Warzone à une heure encore précoce. Une des très bonnes surprises et découverte pour ma part de cette année.

Insality Alert

Difficile après une aussi bonne performance d’enchaîner avec « Ultra Vomit » où j’ai plus l’impression de suivre un récital de vannes plus ou moins bonnes qu’un concert. La MS est noire de monde, le public apprécie mais je décroche rapidement, lassé. J’ai toujours du mal avec les groupes à blagues où la redite est quasi obligatoire et ce n’est pas le peu que je verrais d’eux qui me fera changer d’avis.

A la Temple c’est maintenant l’ovni « Igorrr », la dualité des deux chanteurs d’« Öxxö Xööx » amplifiera encore mieux les breaks improbables et mélanges de style musicaux qui parcourent tout le set aux passages inégaux mais comblés de fulgurances orgasmiques (oui je n’ai pas peur des mots ;)). Gros succès au final pour un set pas gagné d’avance au HellFest.

14h20, l’heure du Clash. Du bourrin qui tabasse avec « Nails » ou du répétitif lancinant avec « Bongripper » ? J’opterai finalement pour un set de Doom sous la Valley, très bon concert de « Bongripper » mais qui n’aura pas attiré les foules avec leur set hypnotique au point que j’en écouterai une bonne partie tranquillement allongé sous la tente le public l’ayant désertée.

Et là c’est le trou, le méga coup de barre au fer rouge dans la tronche, pas la force d’aller voir « Zeke » puis « Blood Ceremony » je rentre au camping m’enquiller une bonne sieste, on a pas idée de se lever aussi tôt…

Ambiance
A BOIIIRRREEE

« Skepticism » et « Decapitated » ne m’auront pas laissé de souvenirs impérissables sans doute à cause de ma forme qui se rapproche plus du blob que l’être humain à ce moment-là, même « DRI » ne m’aura pas enthousiasmé, il me faudra pas mal de bières pour retrouver contenance humaine et ça tombera bien car arrive l’heure de « Comeback Kid » à la Warzone !

Très grand souvenir du HellFest 2011 où ils avaient mis le feu à la Terrorizer, « Comeback Kid » est une valeur sûre qui aime jouer au HellFest et nous le rend. Encore un show nerveux et les classiques « Broadcasting », « Talk is Cheap » ou pour finir « Wake the Dead » hymne international du Punk-Hardcore, feront monter la poussière à 3 mètres (au moins ;)) et chanter en cœur tout la Warzone, des moments d’euphorie inoubliables.

J’avais une énorme envie de voir ce que donnait le dernier album de « Pain of Salvation » qui m’a beaucoup marqué à sa sortie mais l’humeur du moment et l’ambiance du HellFest ne s’y prêtaient définitivement pas, pas assez pêchu ou pas assez lourd, j’abandonnerais au bout de deux chansons d’un set trop intimiste avec beaucoup de regrets plus tard mais bon, c’était pas le moment pour moi…

P’tite pause avant une de mes attentes principale de cette année, la reformation de « Slo-Burn ». Ces dernières années John Garcia nous a régalés avec à chaque fois un set exceptionnel d’une de ses formations (Garcia plays Kyuss, Kyuss Lives, Unida, Hermano) et comme à toutes ses prestations le concert sera une tuerie. John plutôt discret d’habitude ira jusqu’à remercier le public et le HF. On ne remerciera jamais assez son organisation et Ben Barbaud de nous offrir de tels cadeaux, une des raisons pour lesquelles sans doute il est devenu le 1er festival de métal au monde avec sa sélection ultra pointue et éclectique.

Ayant vu peu de temps auparavant « Deafheaven » au Roadburn le choix du clash de cette fin de soirée est plus facile et ce sera donc « Suicidal Tendencies » qui se fait assez rare sur scène dernièrement. Le set sera un peu lent à démarrer avec toujours un peu trop de blah blah (manie de certains groupes américains ?) mais une fois la machine ST déclenchée Mike Muir, Dave Lombardo et tous leurs compères nous délivrerons un set intense, sincère, ultra-efficace. La Warzone aura tremblée de bonheur ce soir 🙂

Suicidal Tendencies