Hellfest 2017 : Dans la peau d’un festivalier (Dimanche)

Posté par le 16 Juin 2018 dans Actualité, FestivalsPas de commentaires

Dimanche : Si ma tente en avait deux on l’appellerait « Altar » (ou « Temple », ou « Valley », bref…)

Dernier jour, dernières forces.

Le décollage étant de plus en plus difficile, nous raterons « Vodun » à la Valley et irons prendre le frais sous la Temple avec « Welicoruss » du Black de Russie un peu kitch avec ses peaux de bêtes, fourrures et autres accoutrements mais ça nous fera finalement passer le temps agréablement en attendant ce qui est pour moi un des points forts de la journée « Ghoul » !

Show complétement délirant avec bastons de Singes géants, Mutants,Kill-Bot et Grande Faucheuse emmèneront le public de l’Altar dans des circle-pit de la mort dès le début de journée ! Et ce ne seront pas les (faux ;)) égorgements de poulets avec giclées de sang ou autres joyeusetés Gores qui nous refroidiront parce que derrière le grand Guignol de « Ghoul » il y a un groupe (Cremator, Fermentor, Digestor, et Dissector pour ne pas les nommer, j’adore ;)) qui assure grave sous leurs cagoules en toile de jutes avec leur mélange de Thrash, Death & Grind. « Ghoul » aura suffi à ma journée mais ce n’est que le début !

Ambiance à l’opposée avec « Regarde les Hommes Tomber » sous la Temple, tout est froid et statique mais le mur de son nous tabasse et nous retourne. La Temple est pleine à craquer et c’est plus que mérité pour ce groupe en pleine ascension. Ici beaucoup d’hommes sont tombés sous les blasts et riffs ultras puissants de la relève du métal français…

« Ghost Bath » est un groupe qui divise, leur Black que certains trouvent basique, mâtiné d’un chant passant parfois pour des cris d’oiseaux anime les forums de discussion depuis leur début. Et donc rien de mieux qu’une prestation Live pour parfaire son avis. Pas trop de suspens ici, « Ghost Bath » en Live c’est mieux mais pas non plus extraordinaire, un bon moment Black avec quelques compositions quand même toujours aussi surprenantes, tellement à la limite de la comptine parfois (retirez la saturation et les cris et c’est l’impression que cela me donne en tout cas).

Déjà que leur Doom/Sludge envoie du lourd mais là sous la Valley, à 16h, dans une foule ultra compacte, La cocotte-minute que fut « Ufomammut » aura failli avoir ma peau à coups de riffs vulcanisés, je jurerais avoir perdu conscience par moment et n’avoir tenu debout que grâce à l’ambiance « sardines sauce RER A ». Un très bon concert qui m’aura fait rester jusqu’au bout malgré la difficulté à respirer. Ce moment restera dans ma tête, celui où j’aurais eu le plus chaud de ma vie (jusqu’à présent parce qu’avec le réchauffement climatique on ne sait pas ce que nous réserve la météo de 2018 ;)).

Pause obligatoire après une telle épreuve et je serais de retour pour justement voir celui de « Nostromo », absent de nos salles et festivals depuis plus de 10 ans. Il aura suffi d’un mariage (du batteur) et d’une ou deux photos sur les réseaux sociaux pour que le groupe se reforme pour au final le plus grand plaisir des festivaliers du Hellfest (entre autres). Le vaisseau fendra l’espace à toute vitesse pendant 1h à coup de patates et de blasts dans la gueule, a « Rude Awakening » indeed 🙂

Nostromo

Aaaah « Prophets of Rage », tout le monde l’attendait celui-là. Qui n’a pas beuglé une fois dans sa vie « Fuck you I won’t do what you tell me » le poing (le doigt ?) en l’air et la « rage » au ventre ? Perso la 1ère fois ce fut torse nu debout sur la table d’un bar au Portugal en 1993 et il y en eu bien d’autres dont un concert d’anthologie la même année avec « Tool » en 1ère partie J

C’est donc pour garder intact ces souvenirs et aussi parce que je n’aime pas le nouveau chant des Prophets (je préférais l’ancien, celui de Zack de la Rocha plus métal) que je suis allez faire un tour à la Warzone pour « Integrity ». Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’y a pas foule mais le groupe ne se laissera pas démonter par la concurrence et fera un set complet, pêchu et tout à leur honneur tant il se donnera malgré le public très clairsemé. Les peu qui y auront assisté auront largement apprécié leur Hardcore sans concession. Chapeau pour le professionnalisme.

Au tour d’« Every Time I Die » de faire preuve du même professionnalisme, privés de leur chanteur Keith Buckley au dernier moment le groupe décidera de quand même jouer et ce sera Ryan McKenney (« Trap Them ») qui fera un remplaçant de haut vol au chant, puis Jeremy DePoyster (« The Devil Wears Prada »), Lawrence Taylor (« While She Sleeps ») pour enfin finir avec Griffin Dickinson (« Shvpes ») !

Pendant tout cet élan de solidarité, Jordan le frère du chanteur absent, éructera et invectivera la foule à se déchaîner, tout en la remerciant pour son soutien. La fin du set sera digne de ce déferlement de Hardcore avec l’envahissement de la scène par la foule, comme un immense remerciement pour ce show incroyable !

Je ne quitterais la Warzone que peu de temps, déçu par la performance un peu trop seventies d’ « Hawkwind » à la Valley et pas assez Space-Kraut-Rock-Psyché à mon goût, de toute façon difficile d’enchaîner après la claque précédente.

Et quoi de mieux pour un final que l’adieu aux armes des « Dillinger Escape Plan » à la Warzone ?

The Dillinger Escape Plan

Le set piochera dans l’ensemble de la discographie du groupe et ce sera toujours aussi efficace même si l’on regrette un petit manque de folie pour cette dernière performance. Ce n’est qu’après l’extinction des lumières que la tristesse de voir se finir la carrière d’un des plus grands groupes avant-gardiste de la scène métal nous envahira, et comme un avant-goût de nostalgie, la réalisation que, ça y est, la 12ème édition du Hellfest vient de se terminer.

The Dillinger Escape Plan

Elle fût encore incroyable par sa richesse, son orga et leurs bénévoles, son ambiance, ses groupes et son public.

Rendez-vous en 2018 🙂

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