Entretien avec le bassiste Fwad Darwich

Posté par le 26 Août 2017 dans interview, PromotionPas de commentaires
 
 
Entretien avec Fwad Darwich : bassiste, compositeur et fondateur du groupe de jazz-ethnique « the dialects » Objectif live s’est intéressé à ce musicien aux nombreux talents. Nous espérons vous faire découvrir une personnalité aussi touchante que sa musique au travers de cet entretien.
 
1. Bonjour Fwad, tout d’abord merci de nous accorder du temps, peux-tu te présenter rapidement à nos lecteurs ?
Bonjour, merci à vous et à vos lecteurs pour votre intérêt. Je suis bassiste et compositeur autodidacte. j’ai débuté la musique à l’âge de 22 ans. J’ai commencé par jouer la basse dans mon premier groupe de hard rock puis, j’ai intégré des groupes de musique funk car les lignes de basse me permettaient de mieux explorer mon instrument. Par la suite, j’ai découvert le vaste monde du jazz.
 
2. Peux- tu nous parler de ton groupe de manière plus approfondie : Qui sont les musiciens qui t’accompagnent ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Avez-vous toujours travaillé ensemble ?
 
Comme vous le savez, mes compositions sont le résultat d’un métissage entre la musique du Maroc et le jazz. Il me fallait des musiciens à la hauteur pour maîtriser ces deux influences musicales. Ce qui n’a pas été une tâche facile. Le premier musicien à intégrer mon projet, c’est le saxophoniste d’origine bulgare Srebrin Avuski. je l’ai rencontré lors d’une jam session dans un studio d’enregistrement. Il est très à l’aise en jazz comme en musiques du Maghreb grâce aux 10 années qu’il a passé au Maroc. C’est un multi instrumentiste et un improvisateur hors-pair. Le deuxième musicien qui a rejoint le groupe c’est Dawoud Bounabi, un batteur franco-algérien. Lorsque je vivais à Paris, un ami batteur m’a dit “le batteur idéal pour ton projet est à Nîmes”. Alors je n ai pas hésité, je l’ai contacté. Il a une aisance exceptionnelle pour accompagner et enrichir les rythmes. Le dernier arrivé, c’est le jeune et talentueux vibraphoniste Samuel Mastorakis. Je l’ai rencontré au département jazz du conservatoire de Perpignan où il étudiait le jazz et les musiques improvisées. Je cherchais un vibraphoniste pour la partie harmonique. Son jeu, son écoute et façon d’improviser m’ont tout de suite séduit.
 

 
3. On ressent de nombreuses influences en écoutant ta musique : des influences orientales évidemment, tu as aussi un son très Jazzy, quelles sont tes principales références musicales ?
 
Grâce à mes parents mélomanes, dés mon très jeune âge, j’écoutais plusieurs styles musicaux. Cela allait de la musique égyptienne aux musiques de film en passant par la chanson française ou le rock anglais. Curieusement, lorsque je vivais au Maroc la musique traditionnelle ne m’intéressait pas. C’est en arrivant en France, à l’âge de 27 ans, que j ai redécouvert la richesse de ce patrimoine. La musique marocaine à la particularité d’être extrêmement riche. Chaque région, chaque ethnie a ses propres chants et ses rythmes. Cela peut aller du chaâbi (musique populaire en 6/8), à la musique houara (en 7/8), à la musique hmadcha et aaïssawa (en 5/4) etc… il était évident pour moi que je devais l’intégrer à mon travail.
4. The dialects est un projet uniquement instrumental, avez-vous, tes musiciens et toi pensez à y inclure du chant ?
Au tout début, j’ai fait appel à un chanteur marocain qui chantait en dialecte marocain “Darija”. Mais cela rangeait mon projet dans la case “world music” et ne correspondait pas à la couleur que je voulais lui donner. Personnellement, je préfère la sonorité actuelle qui est beaucoup plus jazzy.
 
 
 Fwad Darwich and The Dialects octobre 2016 (La Chappelle des Lombards)
 

5. – Tu es le maillon du groupe et c’est toi qui est à l’origine de ce projet, peux-tu nous expliquer comment vous travaillez tes musiciens et toi : Est-ce toi qui compose tout ou bien est-ce un travail d’équipe ?

J’écris les thèmes et je fais les arrangements des morceaux. On joue exclusivement mes compositions mais, ça ne m’empêche pas de rester ouvert aux idées et propositions des musiciens.

6. Peux-tu nous dire quelles sont tes sources d’inspiration ?

Mes sources d’inspiration sont toutes les musiques que j’ai écoutées durant ma vie.

7. Ton groupe est résolument classé jazz avec des influences orientales qui sont liées à tes origines marocaines, quel est ton parcours musical ?Es-tu issu d’une formation classique ou bien es-tu autodidacte ?

Comme je disais au début, je suis musicien autodidacte. Au Maroc, à part le conservatoire qui enseignait la musique classique il n y avait pas vraiment d’écoles pour étudier les musiques amplifiées…et de toute manière je n’en avais pas les moyens. En France, j’ai fréquenté quelques rares fois les conservatoires de Perpignan et d’Avignon mais, je ne pouvais pas me consacrer aux études de la musique car j’enseignais à l’époque dans cinq écoles de musique en même temps.

8. Comment décrirais-tu ta musique ? Est-ce qu’elle véhicule un message en particulier si oui lequel ?

– C’est ma musique qui me décrit, ce n’est pas l’inverse. Mais s’il y a un message que j’aimerais passer à travers ma musique c’est “vive le métissage et les mélanges culturels”.

9. Question un peu plus personnelle, En dehors de la musique qui occupe une grande place dans ta vie, quelles sont tes autres passions ou centres d’intérêt ?

J’aime beaucoup la boxe que je pratique dans un club, j’aime aussi les activités liées à la nature, pêche, chasse à l’arc, randonnée, via ferrata… lire un bon livre…

10. Peux-tu nous parler de ton actualité pour 2017 ?

– Comme vous le savez, j’ai eu un petit passage à vide dans ma vie et , j’avais mis de côté la musique pendant 4 années. Actuellement, j’ai quelques projet sérieux de collaboration avec des personnes en France et à l’étranger pour relancer le projet. Je suis actuellement à la recherche d’un tourneur afin de promouvoir mon groupe et jouer dans toute la France.

Les questions décalées (trois questions pour en savoir un peu plus et qui n’ont pas forcément rapport avec ton actualité musicale)

Si tu devais emmener seulement cinq albums sur une île déserte, lesquels seraient-ils ?

1 L’album live “Bad habit” du batteur indien Triloc Gurtu.
2 L’album “Grace” de Jeff Buckley
3 Man on the air de Kurt Ellington
4 Un des album du grand maître de la Kora (harpe africaine) Soriba Kouyaté
5 L’album “Dialect” du bassiste marocain Fwad Darwich 🙂

Quel fut le premier groupe (ou artiste) que tu as vu en concert et quel souvenir en gardes tu ?

Hahahaha, c’était un groupe d’amis espagnols installés au Maroc “les noodles”, ils jouaient du rock. C’était super!
Ce concert été une de mes motivations pour monter mon premier groupe de rock.

Aurais tu aimé vivre à une autre époque que la nôtre si oui laquelle et pourquoi ?

L’époque actuelle me convient très bien. La vie est beaucoup plus facile qu’avant et plus simple que dans les années à venir.

Quelques liens pour aller plus loin :

La page Facebook de Fwad :https://www.facebook.com/Fwad-Darwich-The-Dialects-Official-217893224910584/

Son site web :

Fwad Darwich

Sa chaîne YouTube : https://www.youtube.com/user/fwaddarwich/videos

 

 

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